Publié par La Coopérative

Que mettre dans le compost : la liste complète

18 mars 2026

compost: maîtrisez les bases pour nourrir vos sols
compost: maîtrisez les bases pour nourrir vos sols

Nous le constatons partout sur le terrain : beaucoup veulent composter, peu savent exactement quoi y mettre. Entre rumeurs et demi-vérités, on finit par hésiter à jeter une peau de banane ou un filtre à café. Notre engagement coopératif est simple : vous donner une liste claire, pratico-pratique et éprouvée, pour un compost qui nourrit vraiment vos sols et protège le vivant.

Les fondamentaux à maîtriser : matières, humidité et oxygène

Un compost qui fonctionne repose sur trois piliers : un mélange équilibré, une bonne humidité et une aération régulière. Côté mélange, alternez matières brunes (sèches, riches en carbone : feuilles mortes, carton non traité, broyat) et matières vertes (fraîches, riches en azote : épluchures, tontes, restes végétaux). La règle de terrain qui marche : 2/3 brunes pour 1/3 vertes, en volume.

Le test de la poignée est imparable : prenez une poignée de compost et serrez. Quelques gouttes peuvent perler, mais pas de ruissellement. Si c’est trop sec, ajoutez des apports verts (ou de l’eau par fines pluies). Trop mouillé ? Incorporez du broyat et aérez. Un brassage mensuel alimente en oxygène, évite les odeurs et dope la décomposition.

Règle d’or du compostage : viser l’équilibre carbone/azote, maintenir une humidité d’« éponge essorée » et assurer une aération régulière. C’est 80 % de la réussite.

Ce que vous pouvez ajouter sans risque (cuisine et jardin)

Dans nos fermes et nos jardins partagés, nous valorisons en priorité les déchets de cuisine et les déchets de jardin non traités. Les micro-organismes, champignons et invertébrés font ensuite le travail, à leur rythme, si la matière est diversifiée et bien préparée (découpée en morceaux de 2 à 5 cm pour accélérer).

  • Épluchures de fruits et légumes, trognons, restes végétaux crus
  • Marc de café et filtres, sachets de thé sans agrafes
  • Copeaux et sciure de bois non traité, petites tailles et broyat
  • Feuilles mortes (hors noyer/laurier-cerise), fleurs fanées
  • Carton brun, papier et essuie-tout non imprimés et non plastifiés
  • Petites quantités de pain rassis émietté, pâtes/riz non cuisinés
  • Litière végétale d’herbivores (paille, chanvre) en fines couches
  • Coquilles d’agrumes et bananes en morceaux fins (voir précisions ci-dessous)

À éviter formellement (et pourquoi)

Certains apports perturbent l’équilibre biologique, attirent les nuisibles ou amènent des contaminants. Nous les écartons systématiquement.

Évitez : bois traité et contreplaqué (colles, fongicides), viandes et poissons (odeurs, rongeurs), produits laitiers et graisses (anaérobie, miasmes), litières d’animaux carnivores, balayures de route, sacs « biodégradables » douteux, mégots, verre et métaux. Prudence aussi avec les plantes malades (risque de contamination) et les mauvaises herbes en graines (re-semis au jardin si le compost n’a pas assez chauffé).

Tableau récapitulatif utile au quotidien

Compostables (sans souci) À éviter ou à limiter
Épluchures, marc, filtres, sachets de thé Restes cuisinés gras, produits laitiers
Feuilles mortes, broyat, tailles fines Bois traité, aggloméré, vernis
Carton brun et papier non imprimés Verre, métal, plastiques, tissus synthétiques
Litière végétale d’herbivores Litière de carnivores/omnivores
Coquilles d’œufs écrasées Os, viandes et poissons
Fleurs fanées, herbes non montées en graines Plantes malades, mauvaises herbes en graines
Petites quantités de cendres de bois non traité Cendres de charbon, quantités excessives de cendres

Cas particuliers à bien gérer

Coquilles d’œufs : aucun intérêt nutritif direct mais un apport minéral (calcaire) utile pour tamponner l’acidité. Écrasez très fin pour une meilleure répartition. Le risque sanitaire est négligeable dans un compost bien conduit.

Agrumes et bananes : oui, en petits morceaux et en quantité modérée. Leur peau est plus lente à se décomposer ; mixez-les avec du broyat pour éviter les paquets compacts. Si vous en avez beaucoup, séchez ou alternez fortement avec des bruns.

Cendres de bois : seulement en fine pellicule, bois strictement non traité, et pas à chaque brassage. Elles alcalinisent vite et concentrent des minéraux. Pour les bonnes pratiques détaillées, voir notre guide sur les cendres dans le compost : combien et comment les ajouter.

Cartons et papiers : uniquement bruns, non imprimés et non plastifiés. Déchiquetez pour éviter les « murs » étanches qui bloquent l’air.

Restes cuits maigres et pain : tolérés en très petites quantités, émiettés et bien mélangés à des bruns, pour ne pas acidifier ou attirer les moucherons.

Construire et alimenter son compost comme un pro

Sur sol nu, démarrez par une couche drainante (branches fines ou broyat), puis alternez vert/brun sur 10–15 cm d’épaisseur. Recouvrez toujours les apports frais avec du brun pour masquer les odeurs et capter l’azote. Évitez les grosses pièces : plus c’est fin, plus ça se dégrade vite.

Alimentation au fil de l’eau : chaque seau de verts doit trouver son équivalent en bruns. Gardez un sac de broyat à portée de main, c’est votre « assurance structure ». Un retournement toutes les 4–6 semaines suffit pour relancer l’oxygénation et homogénéiser l’humidité.

Thermique : un bon tas peut monter à 50–60 °C en phase active, détruisant une partie des graines et pathogènes. Si la température ne décolle pas, suspectez un déficit d’azote (ajoutez verts) ou un manque d’eau.

Quand ça déraille : odeurs, moucherons, moisissures

Odeur d’ammoniac ? Trop de verts. Ajoutez du brun, aérez, et cassez les « noyaux » de tonte. Odeur d’œuf pourri ? Anaérobie : percez, brassez, drainez. Nuée de moucherons ? Recouvrez les apports avec 3–5 cm de brun et fermez bien le composteur.

La moisissure blanche est souvent un bon signe de champignons au travail. Les plaques visqueuses indiquent plutôt un excès d’eau et un manque d’air. Réponse : broyat, brassage, et patience.

Calendrier de maturation et critères d’usage au jardin

Avec une conduite régulière, comptez 6 à 10 mois pour un compost mûr. Les signes ne trompent pas : couleur brun foncé, odeur de sous-bois, matériaux d’origine presque indiscernables, température revenue ambiante. Tamisez si besoin pour séparer les éléments grossiers (à remettre en cycle) du fin utilisable.

Usages : en paillage de surface au potager (1–2 cm), en amendement intégré au sol (2–3 L/m² en automne), ou en substrat mélangé pour rempotage (jusqu’à 25 % avec terreau/broyat). Évitez de semer ou repiquer directement dans du compost pur. Pour aller plus loin sur ce point, voir notre dossier « planter dans du compost : bonnes pratiques et limites ».

La liste complète, expliquée vite et bien

À mettre sans hésiter : épluchures, marc et filtres, sachets de thé, fanes, fleurs fanées, feuilles mortes (hors noyer/laurier-cerise), tailles broyées, carton brun, papier non imprimé, sciure non traitée, litière végétale d’herbivores, petites quantités de cendres de bois, coquilles d’œufs écrasées, petites doses d’agrumes et bananes en morceaux.

À éviter absolument : bois traité, vernis ou peint, sacs compostables douteux, verre, métal, textile synthétique, balayures, mégots, restes gras, viandes et poissons, produits laitiers, huiles, litières de carnivores, grandes quantités de cendres, plantes malades, graines matures de vivaces envahissantes.

Le mot de la fin

Dans nos coopératives, nous voyons chaque jour le pouvoir d’un compost bien mené : il transforme un seau de déchets en fertilité durable. Avec une matière variée, l’œil sur l’humidité, un peu d’aération et des apports judicieux, vous produisez un amendement de qualité, sobre et local. C’est une richesse partagée, au service de vos cultures et de la vie du sol. À vous de jouer : alimentez, alternez, brassez… la terre vous le rendra.

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